L’anxiété de separation chez le chien

Des millions de chiens à travers le monde souffrent de ce que l’on appelle l’anxiété de séparation. Cette expression est de plus en plus à la mode, comme celle de l’hyper attachement. Pourtant ce ne sont pas des mots à utiliser à la légère.

Les chiens qui rencontrent vraiment ce trouble du comportement sont dans un état de panique intense à l’idée de se retrouver seuls. C’est un enfer pour eux et un enfer pour leurs Humains.

Voici quelques notions à avoir en tête pour mieux comprendre de quoi l’on parle.

Ce n’est pas de l’anxiété de séparation :

Vous rentrez chez vous après une longue journée de boulot et là, c’est le drame. Votre salon est transformé en champ de guerre. Pitou a fait ses besoins, a dévoré les coussins de canapé et dépoté vos plantes vertes.

Certes, c’est pénible mais un chien qui souille le salon ou refait votre décoration est généralement un chien désœuvré, laissé sans rien d’intéressant à faire. En bon chien qu’il est, il va trouver à s’occuper par lui-même, en s’adonnant à ce qui peut lui donner du bien-être et satisfaire ses besoins physiologiques (aboyer, mastiquer, uriner, sentir…).

En organisant votre absence différemment, en lui proposant des enrichissements, il y a fort à parier que vous auriez pu éviter ces incidents.

Pour éviter ce genre de soucis, je vous conseille de lire les articles suivants : Comprendre et répondre aux besoins de son chien, Occuper son chien pendant la quarantaine (et pas que…).

D’ailleurs, j’en profite pour préciser une chose indispensable : vous trouvez que votre chien a l’air coupable et que donc il SAIT qu’il a fait des bêtises ?! Oubliez ça ! Il n’en a aucune notion. Il fait cette tête parce que vous rentrez en faisant la tête alors que lui est tout à sa joie de vous retrouver. La culpabilité existe chez les Humains, pas chez les chiens… Les vidéos qui circulent sur Internet me rendent dingue…

Je précise aussi qu’un chien qui vous suit partout, sans comportement inquiétant en votre absence, ne souffre pas forcément d’anxiété de séparation. De récentes études montrent que la proportion de chiens qui font ça est plus importante que celle des chiens souffrant d’anxiété de séparation.

Des signes d’anxiété de séparation :

L’anxiété de séparation est un état de stress intense, qui peut s’apparenter à une crise de panique chez les humains. Le chien est incapable de se distancer de son Humain ou de ses Humains et entre en panique intense quand il se retrouve sans lui (eux).

Si le terme est aujourd’hui vulgarisé, les spécialistes différencient l’anxiété de séparation de la détresse d’isolement, qui est moins violente.

Seul un vétérinaire comportementaliste peut diagnostiquer une anxiété de séparation clinique.

On cherche chez le chien des signes tels que :

  • Ne se pose pas, marche sans cesse
  • Stéréotypies (répétitions de comportements)
  • Pleure/gémit
  • Fixe la porte sans la lâcher des yeux
  • Pupilles dilatées
  • Tremblements
  • Bave de façon intense
  • Ne mange plus
  • Coussinets moites 
  • Auto-mutilation
  • Détruit le mobilier…

Certains chiens vont jusqu’à se jeter sur les fenêtres ou escalader des murs pour pouvoir s’échapper et rejoindre leurs maîtres.

Attention ! Certains de ces signes de stress ne reflètent pas, à eux seuls, un niveau de détresse émotionnelle relevant de l’anxiété de séparation. L’accumulation de plusieurs de ces signes doivent vous alerter mais c’est un regard expert qui pourra dire s’il s’agit d’anxiété de séparation ou non.

Pour mieux comprendre : si on parle de destruction -> un chien qui souffre d’anxiété de séparation va détruire ou abîmer autour des points de sortie de la maison et peut aller jusqu’à se blesser (dents cassées, pattes en sang…). Ce qui est très différent de crever tous les oreillers et jouer avec les plumes…

Le chien qui souffre d’anxiété de séparation est en « mode survie », il n’a qu’une chose en tête et ne pourra redevenir lui-même que lorsque vous serez rentré. Sa détresse ne cessera que quand il vous aura retrouvé. Et cela n’a rien de flatteur, malheureusement. Car votre chien ne sera pas juste super content de vous revoir, il aura l’impression qu’il vient d’échapper à un danger incroyable. IL SOUFFRE de cette situation !

Les origines possibles de l’anxiété de séparation :

La vérité c’est qu’il y a eu peu d’études sérieuses sur le sujet et que même les spécialistes ne sont pas certains de l’origine réelle de l’anxiété de séparation.

La génétique semble toutefois avoir un rôle très important. C’est pour cela que reproduire des chiens ayant montré des signes d’hyper attachement ou d’anxiété de séparation, c’est prendre le risque de passer ce problème à la génération suivante (encore une bonne raison de ne pas s’improviser « éleveur » parce que notre chien est trop cute…).

La personnalité du chien entre bien évidemment en compte et on connaît tous des chiens « pots-de-colle » qui nous suivent à la trace et attendent sagement derrière la porte des toilettes, au cas où !

Ensuite, on sait que certains déclencheurs activent le développement de l’anxiété de séparation.

Le passif du chien : Qu’il s’agisse de chiens ayant été abandonnés ou maltraités (laissés sans nourriture ou oubliés dans un chenil), il est fréquent de voir se développer des troubles de l’anxiété chez les chiens ayant vécu une expérience traumatique. (On parle des chiens adoptés ICI )

Le traumatisme peut également venir d’un événement qui aurait pu être « banal » mais que le chien a vécu seul à la maison et qui le rend désormais extrêmement insécure à l’idée de rester seul (feux d’artifices, alarme de la maison qui se met en route, accident devant la maison…).

Un choc émotionnel important, comme un déménagement, un divorce, un deuil, peut être un déclencheur. Il peut aussi s’agir d’un chien qui n’a jamais été seul, peu importe son âge. Vivant avec sa fratrie ou d’autres congénères, puis mis à l’adoption, comme les chiens d’élevage ou de courses, qui sont réformés et sortis du cadre qu’ils ont connu pendant des années.

On entend souvent que ça vient de l’hyper attachement que le chien développe à l’égard de son maître. C’est possible, en effet. Mais qu’en est-il des chiens qui montrent ce trouble du comportement dès le premier jour où ils arrivent dans leur nouvelle maison, après avoir été adopté en refuge par exemple ? Ce n’est pas rare !

Notre rôle dans l’anxiété de séparation chez le chien :

Encore une fois, nous n’en sommes pas à l’origine.

Clairement, ce n’est pas parce qu’on parle à son chien, parce qu’on l’emmène partout avec nous, qu’il dort dans notre lit…qu’on crée de l’anxiété de séparation.

Par contre, il est vrai que certains de nos gestes et interactions peuvent renforcer ce trouble du comportement et il convient d’en prendre conscience, sans se culpabiliser, pour pouvoir mettre tout en œuvre afin d’aider Pitou à mieux vivre sans nous, quand nous devons nous absenter.

Cela ne veut pas dire que du jour au lendemain il faut ignorer votre chien, l’empêcher de dormir avec vous ou de monter sur vos genoux. Au contraire ! Ce sont ces gestes qui permettent à votre chien de sortir de son état de stress et il en a besoin. Les modifications doivent être extrêmement graduelles et encadrées.

Il faut accepter que chaque chien est différent, comme chaque Humain. Votre chien a un souci, il va falloir en tenir compte et s’y adapter.

Le seul vrai rôle que nous avons vis-à-vis des chiens qui souffrent d’anxiété de séparation, c’est de ne pas le laisser dans cette souffrance émotionnelle intense.

Votre chien souffre d’anxiété de séparation ? Il faut l’aider !

Avoir un lien de confiance fort avec son chien et une bonne compréhension de ses besoins, c’est la clé pour mettre en place les modifications de comportements qui vont être nécessaires pour que votre chien reste serein en votre absence.

Oubliez toutes les techniques punitives et coercitives, type collier anti-aboiements, et n’adoptez pas un nouveau chien pour lui tenir compagnie…

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Si vous avez un doute sur votre chien, parlez-en à votre vétérinaire comportementaliste. Lui seul peut diagnostiquer une anxiété de séparation clinique et décider si une médication est nécessaire en parallèle à un suivi comportemental.

Il est important de faire appel à un professionnel, comportementaliste canin ou cynologiste, qui connaît l’anxiété de séparation et pourra vous donner les clés pour y faire face, ou encore mieux, vous aider à prévenir le problème si vous venez d’adopter un chien.

Grâce à la mise en place d’un travail de désensibilisation très progressif, à la création d’un environnement optimisé , vous allez pouvoir apprendre les bonnes techniques pour permettre à votre chien de se sentir en confiance lorsqu’il doit rester seul.

Si vous en avez la possibilité, filmez votre chien en votre absence, afin d’avoir des vidéos à montrer au comportementaliste canin que vous aurez contacté. Cela lui sera très utile, en plus de bien répondre à toutes les questions qu’il vous posera.

Le chemin sera long et demandera beaucoup d’investissement de votre part, mais c’est en prenant le temps et en respectant le rythme du chien que l’on obtient des résultats durables et respectueux de son bien-être.

Vous pouvez y arriver !

D’ailleurs, contrairement à ce que l’on pense, la période actuelle, avec le confinement et le télé-travail, peut être un excellent moment pour commencer des séances. Ce très bon article en parle et je reste à votre disposition pour en échanger par téléphone ou par mail.

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